LASC

Laboratoire d'Anthropologie Sociale et Culturelle



Pistes thématiques pour le mémoire proposées par Véronique Servais

Propositions de sujets de mémoire:

Mémoire#1: Rituel et Théâtre (Véronique Servais)

Contexte :

Au sein de l’Ecole Supérieur d’Acteurs du Conservatoire Royal de Liège, une intégration progressive entre ritualité vaudou et performance théâtrale a été travaillée depuis plusieurs années par le prof. P. Varasso dans le cadre d’un projet pédagogique de coopération culturelle (entre le Petit Conservatoire de Port au Prince en Haïti et l’Ecole Supérieur d’Acteurs du CRLg). Pratiquement, le postulat suivant lequel le vaudou comprend des « pratiques expressives entretenant une profonde familiarité avec les arts dramatiques » a été travaillé. Et ce jusqu’à développer des exercices de théâtre spécifiques, qualifiés d’ethnodrames.

Ce mémoire a pour but de questionner les rapports entre rituel et théâtre, à partir d’une ethnographie réalisée auprès des acteurs du Conservatoire et à Haïti. Une bourse de mobilité pour Haïti a été demandée dans le cadre d’un dossier WBI.

Le présent mémoire pourrait interroger cet effort intégratif entre ritualité et pratiques théâtrales, tant dans son sens profond (au niveau des systèmes culturels, des idéologies à l’œuvre) que dans ses manifestations empiriques concrètes (quel système concret de contraintes est mis en place ? qu’est-ce qui fonctionne ? qu’est-ce qui ne fonctionne pas ?).

En bref, il s’agirait de tester et d’instruire l’hypothèse du parallélisme entre, d’une part, pratique du rituel vaudou et, d’autre part, pratique d’une théâtralité authentique.

 

Mémoire#2 : Grotowski, la liberté, le théâtre et le vivre-ensemble (Rachel Brahy et Véronique Servais)

Le contexte général de ce mémoire est le même que celui du projet numéro 1. La problématique est ici celle de la créativité, des contraintes et de l’émergence du « commun ». Liberté, créativité et contrainte sont des termes qui, a priori, s’articulent difficilement. Pourtant, plusieurs penseurs de la créativité ou de la démarche artistique ont mis en évidence l’utilité d’un système de contraintes pour permettre l’émergence du neuf. Qu’en est-il dans la pensée du metteur en scène Grotowski ? Comment la structuration permettrait-elle l’improvisation ? Quelle place est réservée au corps ? Si pour Grotowski l’essence du théâtre est organique, les contraintes porteuses sont-elles uniquement des contraintes physiques ou psychologiques ? Quelle place réserver alors à l’environnement matériel et social ? Supporte-t-il la créativité de l’acteur ? En quoi ? Qu’en est-il des interactions entre les acteurs eux-mêmes ?

Ce mémoire pourrait envisager une exploration fine de la construction du « commun », du « groupe » et du « vivre-ensemble » à partir de l’expérience créatrice théâtrale. Le terrain mobilisé sera le Conservatoire Royal de Liège (ESACT) et éventuellement une expérience de décentration en Haïti afin d’aborder le rapport au commun, à la communauté, au groupe sous d’autres modalités culturelles, économiques et sociales.

Selon les centres d’intérêt personnels de l’étudiant, ce mémoire pourrait également donner lieu :

- à un développement détaillé (empiriquement étayé et théoriquemnt argumenté) des systèmes de contraintes les plus potentialisant (ex : l’inversion / la superposition / la découpe, etc.) -  (Mémoire 2.1.)

- à une interrogation sur l’inscription de l’activité théâtrale dans son tissu urbain - comment l’organisation de l’espace créatif peut-elle former un outil de cohésion et de régulation sociale d’une communauté ? - (Mémoire 2.2.)

Il va de soi que ces deux projets sont des propositions. L’étudiant pourra les adapter selon ses propres intérêts, dans la limite toutefois des problématiques fixées par le projet du laboratoire d’expertises croisées mis en place avec le Conservatoire.

 

URGENT – RECHERCHONS ETUDIANT(E) POUR UN TERRAIN ET/OU UN MEMOIRE SUR LES RELATIONS SOIGNEUR-DAUPHIN AU PARC ASTERIX (PARIS)

Le travail se ferait dans le cadre d’une collaboration avec Fabienne Delfour, Dr. en sciences cognitives, éthologue et spécialiste des mammifères marins. Celle-ci co-encadre une thèse de doctorat en éthologie à l’Université Paris 13 sur le bien-être des dauphins en captivité au Parc Astérix. Le but de la thèse est de chercher des indicateurs objectifs de bien/mal-être chez ces dauphins.

Cependant, le Dr. Delfour est consciente qu’aucune évaluation correcte du bien-être des dauphins ne peut se faire sans une intégration de la RELATION qui les unit à leurs soigneurs, et donc de la dimension humaine de leur environnement. J’ai été sollicitée pour encadrer une étude de terrain dans ce domaine. Nous sommes donc à la recherche d’un(e) étudiant(e) souhaitant réaliser un terrain ou un mémoire auprès des soigneurs du parc Astérix afin d’enquêter sur leurs manières de ressentir, de concevoir et de construire leurs relations avec les dauphins.

Ce travail prend toute son importance dans le contexte actuel des polémiques autour de la captivité des dauphins. L’étudiant(e) devra être motivé(e), sérieux(se), intéressé(e) par la question tout en étant capable de se tenir éloigné de prises de position hâtives.

 

Autres terrains/sujets possibles :

 

1- Sujets s’inscrivant dans des recherches menées actuellement au sein du service d’anthropologie de la communication.

L’étudiant bénéficie bien entendu de la liberté de construire lui-même son objet d’étude, mais ceci doit se faire à l’intérieur d’un cadre général fixé par le programme de recherche dans lequel il s’insère. Tout ceci doit être discuté avant d’entamer l’étude.

Ethnographier les zoos/la visite au zoo. Les zoos sont des vestiges du passé, qui continuent toutefois à véhiculer une certaine conception de la nature et des animaux. Celle-ci se transmet notamment à travers l’expérience de la visite au zoo. En ce sens, on peut considérer les zoos comme d’importants dispositifs culturels d’apprentissage de la distinction humaine. C’est pourquoi ethnographier la visite au zoo et s’intéresser à la façon dont les visiteurs se relient aux animaux constitue un travail important pour comprendre comment notre société construit son rapport aux animaux, et comment nous l’inculquons à nos enfants.

Ethnographie de situations d’enchantement. En collaboration avec A. Halloy, de l’Université de Nice, nous menons actuellement une recherche sur l’expérience d’enchantement dans des contextes culturels très différents. Nous cherchons notamment à identifier les dispositifs qui conduisent aux expériences enchantées, ainsi qu’à caractériser plus précisément la nature de ces expériences. Celles-ci sont susceptibles de survenir dans de nombreuses situations (relations à la nature, apparitions de la Vierge, pratique d’un art martial, etc.). Il serait intéressant à présent de continuer ces recherches en élargissant les terrains ethnographiques.

En projet pour un mémoire en 2015-2016 : contribuer à une recherche sur l’enchantement dans le cadre d’une collaboration avec l’Ecole Supérieure d’Acteurs du Conservatoire Royal de Liège. Celle-ci développe depuis plusieurs années un partenariat avec le Conservatoire de Haïti afin d’insérer dans le curriculum de ses étudiants des pratiques corporelles inspirées de rituels vaudou. Selon financements du WBI, un terrain à Haïti sera envisageable.

Ethnographie de pratiques de zoothérapie. Il s’agit ici de replacer ces pratiques dans un cadre anthropologique, d’explorer les présupposés qui les guident, la manière dont elles sont mises en pratiques ainsi que les modalités de communication infra-langagière qui sont activées dans le contact avec des animaux. La place d’un animal au sein d’une institution peut aussi être abordée.

Ethnographier les interactions soigneur-primate-chercheur dans un laboratoire d’éthologie cognitive. La visée de ce mémoire serait à la fois ethnographique et épistémologique. L’objectif serait de voir concrètement comment, dans ces laboratoires, la cognition animale est construite, quelle est la place de la subjectivité, de la personnalité et des émotions des animaux (et des humains). Cette étude relève plutôt de l’anthropologie des sciences. Il s’agit d’un travail important dont la portée est potentiellement très grande car il pourrait montrer que la validité de ces travaux expérimentaux est limitée.

Enfin, un dernier terrain possible, en zoo, porterait sur la communication sociale et les cultures affectives chez les primates non humains. Il s’agit d’un sujet en construction, difficile à préciser en peu de mots à l’heure actuelle.

 

2- Des terrains qui ne s’inscrivent pas directement dans des recherches en cours mais dans des thématiques abordées au sein du service d’anthropologie de la communication :

Les savoirs écologiques locaux (animaux/cultures)

Les pratiques alternatives d’élevage et de culture

Les dresseur (chiens, chevaux, fauves…) ou soigneurs animaliers, chasseurs, éleveurs, etc.

Le tourisme « vert » 

Biographies de « grands hommes » ou de « grandes femmes » réputés posséder un contact exceptionnel avec des animaux 

 

3- Autres.

Bien sûr il y a possibilité de proposer des sujets qui se situent en dehors de ces thématiques. Tous ces sujets doivent s’appuyer sur une ethnographie approfondie.